Mathilde Seguin

Pas portrait
2016-17

Dans les Pas portraits le sujet est reconnaissable/identifiable quand on le connait,
imaginable quand on ne le connait pas.

Si ici le sujet est la chevelure, rien ne serait révélé s’il n’y avait pas lumière et ombres : la texture du cheveu, le volume, la nuque, le port de tête du modèle, l’idée que l’on se fait de la personne représentée…
Dans ce travail en linogravure, Pas portrait et Pas portrait de famille, je commence la gravure par la lumière la plus vive ; j’évide et je ne pourrai pas revenir dessus. Il faut être sûr de sa taille. Les zones les plus sombres sont mises en réserve, conservées, non gravées ; elles feront les parties noires du tirage. Là c’est facile. Une ombre portée forte donne tout de suite un bel effet de volume, la lumière chaude du soleil est simple à rendre. La partie la plus difficile ce sont les gris. Pour chaque gravure je dois anticiper la gestion des valeurs. Il en va de la bonne lecture de l’image et du modèle. Je dois aussi laisser la gravure me guider, me surprendre dans mes choix. C’est là tout l’intérêt du travail en série * : à chaque nouveau Pas portrait j’expérimente, je gère différemment ces espaces entre deux, les clairs-obscurs. Je peux choisir de faire un aplat blanc qui les confond à la lumière la plus crue, de «tramer» un gris optique grâce aux traits nuancés des cheveux, de faire des pointillés mal assurés comme de petits éclats lumineux, ou de les plonger dans l’ombre pour que ce soit le lecteur qui les devine, qui finisse le portrait à la manière de Vallotton.

– « Qui ne voit les cheveux doivent être regardés de dos ? De face le visage requiert toute la place, toute l’attention. Il refoule les cheveux en haut, à gauche, à droite, un simple cadre en somme, dont la raison d’être est de mette ne valeur, lui le visage. De dos la chevelure s’étale sans partage. C’est d’ailleurs l’un des pièges de la coquetterie : soigner ses cheveux, c’est se préoccuper de l’aspect que l’on a de dos.
[…] Je me lave et je m’habille pour moi, je me coiffe pour toi.
à l’inverse, le crâne rasé du moine, du soldat, du prisonnier manifeste une rupture des relations naturelles et sociales avec autrui au profit d’un ordre disciplinaire inhumain. »
Vues de dos. Michel Tournier & Edouard Boubat.

voir le Flip book des Pas Portraits

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